lundi 23 juillet 2018

JULIA WILLIAMSON : A MOTS MACHES... (Yannick Lefeuvre)






Les figures de papier mâché  de Julia Williamson ne mâchent pas leurs mots. Des vocables bruts de pomme qui sont il est vrai, hors d'un langage convenu.
L'artiste nous demande peut être au delà d'un regard qui pétrifie, un effort de paroles qui ouvrent.
Un besoin de mots autres car la claque qu'elle nous inflige ne doit pas nous laisser coi.
De fait, il y a dans ce qu'elle nous donne à voir (et avec quel talent !) des multiples signes, de gestes esquissés, de regards par où malgré la déchéance réelle (qui nous concerne tous de près ou de loin) une revendication de tendresse possible. Donc un élan prometteur pour l'autre (ses personnages conçus à doigts nus jouent, se touchent et se regardent) tout autant que pour le public qui s'adonne à cette confiance accordée et sans doute à son insu retrouvée. 
Conciliation profonde qui nous donne pouvoir d'aller au delà de la fascination ou répulsion qui figent vers des paroles humaines qui bougent.
Merci à l'artiste d'avoir osé, c'est si rare...




lundi 25 juin 2018

DOMINIQUE FOSSEY : UNE FAUSSE INNOCENCE (Lucien Ruimy)


Dominique FOSSEY


Elle promène un regard clair et indulgent sur le monde, Dominique Fossey aime se laisser guider, être instinctive.
Ses personnages expriment l'étonnement, l'incrédulité. C'est ce qui fait leur expressivité. Bouches ouvertes et toutes dents dehors, ils nous montrent un effroi face au monde. Le trait distendu, les couleurs grises rehaussées de rouge, les yeux agrandis, décalés, accentuent cet effet.
On ne passe pas à côté sans être alpagué. Ils nous appellent, nous interpellent et nous invitent à entrer dans une sarabande endiablée dont, c'est certain, nous ne ressortirons pas intacts.



JENNIE GALLAINE : TOUT EST DANS LA FORCE DU GESTE (Lucien Ruimy)


Elle attaque avec force la toile, les gestes semblent avoir leur propre contrôle et être portés par la seule émotivité. La dynamique des traits et des couleurs donne une fausse impression d’instabilité, de perte de contrôle, mais elle ne fait qu’exprimer la créativité et la prise de risque de Jennie Gallaine.
Cela est renforcé par le choix des couleurs rouge, vert émeraude, noir… Le blanc tente, sans chercher à y réussir, de structurer l’ensemble. Celui de la toile n’est là que pour avoir encore suffisamment d’espace pour respirer.
Des bouts de corps apparaissent déformés, sortis de la tourmente des sentiments et des désirs qui cherchent à s’exprimer de manière explosive.
Dans ce tourbillon, le regard est en recherche permanente d’équilibre, mais il faut y renoncer et se laisser porter par le mouvement et toute la sensualité qu’exprime Jennie Gallaine. Juste l’émotion la plus brute possible pour tenter d’aller au plus vrai.


mercredi 20 juin 2018

KATIA RENVOISE : SEUIL DES SILHOUETTES (Yannick Lefeuvre)


 

En écho au cadre, la porte sur l'ailleurs et les silhouettes gardiennes des émotions humaines nous prennent la main vers des rêves sans fins. Katia Renvoisé donne à sa toile un pouvoir de passage. Notre esprit ainsi capté n'hésite plus à prendre le temps de sa rêverie. Elle nous donne en partage l'instant de l'à présent où dîner avec les dieux ne nous fait plus peur. Elle nous invite avec des couleurs de caresses, de plumes voyageuses et de visions tranquilles à traverser les entre deux du monde. Sans faire de bruit mais dans la certitude de ces lieux secrets, elle ouvre nos sens à une parole si rare qu'on doute de son existence. Mais l'artiste est là, elle persiste et signe.