samedi 6 juin 2015

ROGER BLAQUIÈRE : ARCHÉARTISTE... (Yannick Lefeuvre)


Il n'est d'artiste qu'à l'aune d'un véritable univers. Alors concernant Roger Blaquière, son imaginaire a su créer une civilisation possible, une œuvre incomparable, un art du sacré sur un mode cohérent. Cohérence qu'il constitue de la plus petite parcelle, du moindre détail aux plus grandes statues. Sans oublier les architectures grandioses où magnifiquement, il les loge. Il affirme malicieusement que ce monde existait en amont. Alors, il lui faut tel l'archéologue fouiller dans l'humus, la terre et les sables de son esprit de multiples objets, figures et représentations. Formulettes de porcelaine qui par leurs traces prouvent l'existence quasi réelle de ce monde disparu. Il creuse strates après strates et re-constitue son univers civilisé. 
Chaque pièce est peaufinée, il sait combien l'être s'inspire de la beauté du monde. Le moindre détail détient donc en creux l'harmonie des sphères, son origine naturelle et sa plénitude idéale. Il collectionne, range, fourmille, destine et rend compte d'un foisonnement infini. Toujours à l'aune de la sensation, de l'émotion, aucune gratuité malgré parfois de bizarres apparences. Les déesses au trou-visage assises sur des trônes-socles règnent sur des archi-structures où errent des faunes inquiétants, des jeunes filles malicieuses et des lunes spectrales.
Sa quête commence contre les déterminismes. Nous émerveillant d'une telle énergie, nous devenons les assistants de sa démarche. Nous espérons deviner là où il va. Rêvant de ces lieux magiques où nous n'oserons jamais aller sinon par le truchement de ses peintures, sculptures et mêmes décors, nous contemplons. 
C'est pourquoi il creuse encore et encore et ce qu'il découvre, il nous le donne généreusement grâce à cet art particulier aujourd'hui très abouti. Il va avec une apparente tranquillité là où personne ne se risque sinon les grands passeurs, les penseurs attentifs et les créateurs éblouis. Du coup, il nous donne à voir, à savoir, à entendre la courbe fine, l'étroite fissure, la lente spirale ... 
Il déploie avec justesse l'intelligence des formes du monde. Il nous les donne à caresser, à vivre sensuellement ce qu'il en était de ce monde enfoui. On se raconte alors mille et une histoires. Le Récit arrive à point nommé. La parole articule (quelques conteurs et poètes le suivent en écho) relie et tisse une véritable dramaturgie. 
Celle justement qui nous manque aujourd'hui. Son œuvre donne espoir tout autant pour et contre la folie, la mélancolie et surtout la stupeur de l'effroi. Il nous ouvre les yeux sur le chemin de l'être qui ne peut aller son train sinon de se représenter ce qui en lui se trouve, jaillit et palpite.

ROGER BLAQUIERE (Thierry Gaudin)

Mémoire & art qu’est au logis  

A même la mémoire l’art se colle aux arts
L’artiste tisse du temps pleine toile ou plein
Chant il dévoile la trame à coudre sur main
Les passages et beautés pour apprivoiser par

Hasards ou pas du tout car du tout il redonne
La main en faux vrai ou en vrai faux si il
Décide Avec légendes en légendes Fossiles
Et clefs et clefs de lectures et ça sonne

Depuis les ères avec et sans aires de rien
Ou de tout Trésors or et arts de l’ordinaire
Humour et amour des traits et valeurs repères

La main encore et sa force à dire demain
Donner aux yeux qui se décillent ne se résigne
Ni ne se renie et voir le geste et sa trace signe

En hommage
En toute amitié

En franche reconnaissance à celui qui m’a introduit aux beaux Arts

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