lundi 12 août 2019

CORINNE LEPEYTRE (Thierry Gaudin)


De bas en haut / Des tropiques à la rue d’à côté / Piaf Érasme boulevard toits / Trottoirs coin de nuages / Métaux et bétons bruts / Déambulation tous azimuts / Horizons inventoriés sans échelle de prix / Autre que le regard / Qui nourrit le bras la main / Le geste généreux / Qui dévoile tous les horizons / Du haut vers le bas et inversement / La main voit / Et trace la voie / La voix du silence / Images réécrites à même / Les expressions induites / Elles entrent voient et dévoilent / La main empreinte / À l’œil et aux pieds aux cheveux / Aux membres aux articulations / À tous les fragments / À toutes les émissions d’ombres / Et / ou de lumières / À toutes les articulations dans le spectre / Du regard qui quête / Puis offre / Dans l’irisation des noirs et blancs / Traductions dans l’infini des gris / L’attirance la confrontation / La séduction la réévaluation / La prescription des on dit / La perception par impressions / Suggestives intuitions / Dans les perceptions discursives / Discussions entre l’à-peu-près / Et le vérifiable / L’allusif et de définitif  / Des angles et des courbes / Des droites et des précipités / Des points de suspensions / Des courbes et des ellipses / L’agilité des empreintes / Prête aux yeux / Des intelligences / Offre des présences / Une nouvelle approche / Présciences qui dépasse l’immédiate perception / La virgule qui donne à revenir / Le point qui offre à relire / L’ouverture à une autre revue / Des marionnettes qui ne se savent / Les escalades les escapades trop vite inscrites / Dans le déjà / Revenir / Revoir et errer pour se souvenir / Éclats de mémoire encrée / Et révélée / Sur la pulpe des matières grises / De Paris aux Indes / Les fils tendent des fils / Qui se rejoignent / Dermes et épidermes diffus / Au coin des rues des ciels / Des bétons des bitumes / Des rugosités des aspérités / Des glacis des crevasses / Des surfaces pauvres et/ou riches / Matières recherchées matières ordinaires / Dépréciées dépravées / Que la mise en valeur inaugure / Les nerfs du sensible se nouent / Et disent du visible / Des histoires et des récits / Sagas et/ou simples injonctions / Qui viennent du gris des encres au gris de la matière / Entretenir l’intelligence du regard …






lundi 22 juillet 2019

ANTOINE MONMARCHE DIT MONCH (Thierry Gaudin)





Sous le derme point / La frisure accrue / Des fièvres assimilées / L’efflorescence des sources / En dessous  dissimulées pointent / Les pressions les expansions / Les rétentions les évasions / Les secrètes fluences / Les flux intimes et réservés / Les fluides et les tissus / Les textures et les alphabets / Qui se disent en silence / Dans la présence / Absente aux regards las / Aux entendements convenus / À l’œil vacants ou inexpert / Oublieux / Des temps anciens / Des temps d’avant le temps / Quand / Subsistent et se précisent / Au moment du clin d’œil / L’être / Car la gestation / Sous le derme bat / Émerge des préexistences / Et des résurgences précieuses / Sans représentation / Mais en tension / Des paysages informés / Des formes perfusées / Au centre / Et réitérées / Dans la terminaison du sens / Cibles possibles si le cil décile / De la présence le sens / Des dires et des silences des pauses / Portées dont la mélodie / Ne prend sa tonalité / Qu’au présent / Quand le nerf relie / Les épidermes / Et les flux / Qui disent regardent / Et gardent des tissus les esquisses / Ou les repeints / Les repentirs et les affirmations / Dans le ton du présent / Quand le diapason / Donne / Ce la qui d’ici jusque là-bas / Sonne et tonne / Ou supplie et murmure / Étonne et toise / Froisse / Ou indispose / Si la lumière / Perce les cloisons / De l’ordinaire / De l’ordre dit nerf / Quand le cycle se réfère / Hors les exclusions ou réclusions / Alors la dynamique du regard tendu / Disponible / Décèle / Les rêves / Les oublis / L’éther qui perd son âge / Des éléments taire / Les forces / Mystères des fils qui se défilent / Quand la folie / Jardine les secrets / Sous les planètes / Les manques palpent / La solitude interroge / La sève pulse / Dessous les cris les soupirs / Aiguisés aux pierres / Des doigts épris qui s’offrent / …







dimanche 21 juillet 2019

NICOLE ANQUETIL : ENTRE VISIBLE ET INVISIBLE (Michel Lamballe)


Flexion, ré-flexion, contorsion  en tous sens, sans doute hanté par le sens qui se dérobe au désir d’en posséder, ne serait-ce qu’une infime partie. Faut pas lui en vouloir au sens, il est comme ça, c’est sa nature.
Sitôt acquis, possédé, il devient leurre. S’y accrocher, c’est perdre son temps. Un lieu où « l’arrivée » n’existe pas. Le propre d’une quête ?  Une marche au présent,  démunie de tout aboutissement  avec l‘espérance tenace d‘aboutir.
Comme le formulait Confucius,  le plus grand voyageur,  c’est celui qui a fait une fois  le tour de lui-même… Un bien curieux voyage que celui-là, où l’intention l’emporte sur la finition.
Ce qui fait d’ailleurs la magie  d’une toile abstraite,  c’est qu’elle n’est jamais finie.  Le mouvement, fluidité ou opacité  délestés sur le support ignore la fatigue. Avec ou sans ticket, on rentre ou pas dedans  mais lorsque le manège nous emporte…  Il intrigue, suscite l’agacement ou rend hilare. Il ne laisse pas… tranquille.
Le bedeau rendre chez lui, tacheté d’un vague à l’âme,  quasi indéchiffrable. Le connaisseur, rassuré, encadré,  dans sa grille de lecture  se mure dans l’asepsie de son savoir.
Au carrefour de l’intelligence analytique  et de l’intelligence intuitive, l’éventail vibratoire peut lui échapper.
Et pourtant, quand ces deux instances  se retrouvent sur le même pallier,  lorsque l’une dit à l’autre : là, c’est mieux  de plus réfléchir que de peindre !
Quelle acrobatie  et quelle astreinte que de mettre en résonance  deux registres concurrents !
Et ce, sans perdre l’état de grâce de l’art  de se laisser surprendre par l’inattendu  qui surgit de ce laisser-faire, discrètement volontaire. Quand s’ouvre devant soi  les portes de l’abstrait, quelle invitation !
Se confondre à se taire  et respirer l’indicible… sa propre terre.






FRED E. (Thierry Gaudin)





Les visages du quotidien / Affleurent de la surface licite / Plane et offerte / Dévoilant des lignes où le subtile / Informe de l’ensemble susceptible / Rééducation des harmonies / Sauts salutaires hors l’ordinaire / L’or des nerfs / Quand les neurones frisent / En chevelures prismatiques / Loin des tics et des tacs mascarades / Les apprentissages des ans / Dés de l’enfance / Se mêlent aux découvertes successives / Et agglomérées reliées / Renouant avec des bribes / Sans brides / Les éclats des souvenirs / Les persistances induites / Cachées par habitude / Brisent les attelles du convenu / Les présences multiples alimentent / Les équivalences iconiques / Pour braver les schizophrénies / Et redonner aux délires leurs valeurs premières / Celles de l’heure où les leurres / Se défigurent pour rééditer le regard / Dans les hachures et les prismes / Les secousses fortuites / Les masques se révèlent / Repoussant vers d’autres / Les émergences internes / Celles qui se conjuguent / Avec l’égo et le jeu du je / La nécessité des entrechats / Appelle des enjambements inédits / Des ellipses ou des éclipses / Des  empaquetages inversés / Des puzzles où l’usure réchauffe / Et se relève neuve / Et relie et relit / Les présents fortuits / Les présciences éconduites / Aux échelles des constructions / Des esquisses des reflets / Qui interpellent / Les gigantismes autant que les atrophies / Avec des visages en phases / Épiques caractères où l’expression puise / À sa source même / Quand l’inutile démasque le contraint / La fragile esquisse des ombres / Enserre les perméabilités / Entre les doigts et les arcades / Sous les voutes solidaires /
Mais hautes trop / Pour se mirer en toute indépendance / Quand la danse des gestes / Émeut et meut / Les miroirs les possibles …