vendredi 6 décembre 2013

MURIEL CROCHET : MILLE ET UNE FLEUR, UN BOUQUET POUR LA VIE (Lucien Ruimy)

Quand on parle de tapisserie, ce qui vient à l’esprit ce sont les tapisseries anciennes qui ornaient les châteaux, les églises. On oublie qu’au cours du temps des artistes ont perpétué cet art et qu’il existe aujourd’hui des artistes qui tout en gardant la « trame » créent des œuvres des plus contemporaines. Muriel Crochet et de ceux-là.
Ce qui vient en premier lorsque l’on pense à Muriel c’est la douceur et l’empathie envers les autres. Tout son travail en est imprégné. Tout est dans les nuances, le passage d’une teinte à une autre se fait sans à coups.

Son dernier travail utilise des tamis comme trame sur lesquels elle va insérer  des fleurs intemporelles (en tissu) qu’elle a récupérées dans les cimetières. Elle redonne ainsi vie à ces témoignages des vivants à leur être chers décédés et qui sont ensuite jetés dans des poubelles où elle va les récupérer. Une manière insolite de voir la création textile.

Les pétales des fleurs sont retenues par la trame du tamis ils donnent un ensemble pastel,
pour lequel il a fallu un long travail de patience afin de redonner vie à ces témoignages  d’amour et dire ainsi poétiquement son affection pour l’autre, le vivant et sa douleur

Car ce qui intéresse Muriel c’est la rencontre avec tous ceux qui voudront bien échanger avec elle des impressions de vie.
Patience dans la récolte, patience dans la mise en forme, patience dans la rencontre, patience dans l’écoute, patience face à la vie qui s’écoule se transmet de générations en générations. Elle tisse sa trame avec intensité et tendresse.

Au delà la mort  Muriel nous dit vive la vie.



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